Par Christine Douville-Duclos

Le degré de complexité des différents types de circuits de distribution varie en fonction du nombre de niveaux et d’intervenants qui permettent aux consommateurs d’avoir accès à une œuvre (Colbert et al, 2014 : 175). Chaque type de circuit – circuits directs ou indirects (court, long ou ultralong) a ses avantages et inconvénients quant au prix de vente, à la souplesse (marge de manœuvre du producteur), au degré de contrôle et du pourcentage des coût assumés par les différents intervenants.

« Une entreprise peut décider de distribuer son produit en ayant recours à plusieurs circuits de distribution » (Colbert, 2014 : 176). Voici quelques exemples provenant du milieu du conte.

Direct : La Tournée 5 étoiles de Steven SLAB, qui va à la rencontre des vacanciers à l’été 2019 :

C’est avec une remorque artisanale transformée en petite scène de spectacle, ma guitare et ma tente que j’ai sillonné les routes du Québec pour aller présenter mon spectacle sur des terrains de camping. De Saint-Élie-de-Caxton à l’Anse-à-Griffon en passant par Roxton Falls et Lac-Mégantic pour créer des moments de divertissement uniques à une clientèle souvent peu familière avec le conte. (Larivière-Beaudoin, 2019).

Il n’y a aucun intermédiaire entre le conteur et ses spectateurs. Autre exemple de circuit direct : un.e artiste loue une salle pour présenter son spectacle au public, conserve toute la marge de manœuvre quant au prix de vente des billets et la façon de les vendre – la salle n’intervient pas – mais doit supporter seul.e tous les coûts.

Indirect – court : Un circuit de distribution court est le circuit indirect le moins complexe après le circuit direct : il n’y a qu’un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Prenons l’exemple du Festilou, festival de contes jeunesse dont la 10e édition s’est déroulée en mai 2019 à Montréal. Le festival possède sa propre salle, le Théâtre de l’Esquisse. L’artiste qui soumet sa proposition de spectacle lors de l’appel à projets du Festilou utilise un circuit de distribution court : il n’y a que le Festilou / Théâtre de L’Esquisse entre l’artiste et son public. C’est le festival, et non l’artiste, contrôle la mise en marché et assume les coûts qui y sont liés.

Indirect – long : Les spectacles du programme Circuit Paroles Vivantes du Regroupement du conte au Québec. Entre l’artiste et son public, il y a le programme CPV, qui joue le rôle d’agent / distributeur, et les détaillants, ici des diffuseurs pluridisciplinaires. L’artiste ne contrôle plus la mise en marché, prise en charge par le programme ; il n’assume plus non plus la totalité des coûts (seulement les frais de production initiaux du spectacle).

Indirect – ultralong : Si une agence d’artiste déposait les dossiers de candidature lors de l’appel à projets CPV et agissait en tant qu’intermédiaire entre les artistes et la coordonnatrice de CPV, il s’agirait alors d’un circuit ultralong. Un degré de complexité auquel le RCQ a dit « non merci ».

Bibliographie

Colbert, François, Johanne Brunet, Philippe Ravanas, Mariachiara Restuccia, Yannik St. James, et Dennis Rich (1994). Le marketing des arts et de la culture, Montréal, Chenelière éducation, 284 p.

Festilou (2019). Appel d’offres 2020. Récupéré le 9 novembre 2019 de http://festilou.com/festilou/

Larivière-Beaudoin, Steven (2019). 5 Étoiles – Anecdotes d’un camping, stevenslab.ca. Récupéré le 9 novembre 2019 de https://stevenslab.ca/5-etoiles/

Regroupement du conte au Québec (2019). Présentation du programme et formulaire de candidature. Récupéré le 9 novembre 2019 de http://conte.quebec/presentation-du-programme-et-formulaire-de-candidature

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