Par Marie Jeanny

Les canaux de distribution longs dans le domaine culturel se définissent comme des circuits qui comprennent un nombre conséquent d’intermédiaires depuis le producteur jusqu’au consommateur.  Colbert définit les potentiels intermédiaires comme les distributeurs et les détaillants qui acheminent le produit du producteur jusqu’au consommateur. (Colbert, 2023, p.250)

Plusieurs enjeux découlent de ce type de canal. En effet, chaque intermédiaire, dans le but de couvrir ses frais, ajuste le prix à la hausse, de cette façon, plus on compte d’intermédiaires dans le circuit de distribution d’un produit, plus le prix final du produit tend à être élevé pour le consommateur.

Un autre enjeu s’ajoute à la problématique liée au manque de contrôle des prix : celui du manque de souplesse.  Le producteur exerce en effet une influence réduite sur les méthodes utilisées par les intermédiaires (distributeurs, détaillants) pour mettre en marché son produit.

Il faut finalement noter que différemment du circuit court où les coûts sont élevés pour le producteur, car il ne délègue pas de fonctions à des intermédiaires pour la mise en marché de son produit, dans le circuit long, les coûts sont par conséquent plus réduits pour le producteur ce qui peut représenter un avantage pouvant potentiellement pallier au manque de contrôle de la mise en marché du produit selon les ressources du producteur.

L’organisme La distributrice de films basée à Montréal est un organisme culturel qui illustre bien ce concept de canal de distribution long. Fondé en 2012 par Daniel Karolewicz et Laurent Allaire, l’organisme a pour mission de « participer au rayonnement de votre film et le promouvoir à sa juste valeur dans le milieu des marchés, festivals, ventes, diffusions et télédiffusions, autant au Québec qu’à l’international » (La distributrice de films, 2023).

Fanie Pelletier est une réalisatrice montréalaise. Lors d’une entrevue réalisée quelques années avant la réalisation de son film Jouvencelle qui a vu le jour en 2023, Fanie expliquait que l’expérience de production et de création d’un film nécessitait extrêmement d’investissement en énergie, en temps, en argent, car elle s’était s’était autoproduite. Elle a fini par constater avec ses réalisations précédentes qu’il était nécessaire de « préserver de l’énergie (et de l’argent) pour cette étape fondamentale qu’est la distribution » (Fortin David, 2017).

Ainsi, la cinéaste Fanie Pelletier a décidé de faire appel aux services de La distributrice de films en 2023 pour son documentaire Jouvencelles.  L’organisme est parvenu quant à lui, entre autres, à planifier une projection au Ciné-club de La Cenne dans Villeray le jeudi 9 novembre (La distributrice de films, 2023).

Cet exemple permet de mettre en lumière les avantages du canal de distribution longs avec la présence d’un distributeur et d’un détaillant qui permettent d’alléger non seulement la charge mentale et énergétique pour la productrice, mais aussi les coûts liés à la communication. Bien que l’influence de la productrice sur les prix ainsi que les méthodes de vente utilisées soit réduite, les différents intermédiaires ont participé au rayonnement et l’augmentation de la visibilité du produit auprès des consommateurs.

Références :

Colbert, F. Le marketing des arts et de la culture (Chap. 7 : Les variables de la distribution). 5e édition, Chenelière Éducation, Montréal, Canada. 2014.

Services, La distributrice de films. Récupéré le 13 novembre 2023 de https://www.ladistributrice.ca/distribution

Fortin, David. (22 aout 2017.) Entrevue avec Fanie Pelletier. Panorama-Cinéma. https://www.panorama-cinema.com/V2/article.php?categorie=1&id=529