Par Martin Davout

Face à ces analyses, «les entreprises doivent parfois s’adapter à des changements radicaux sur lesquels elles n’ont aucun contrôle.»1 Illustrons ce concept de macro-environnement à travers l’environnement politique québécois de ces derniers mois en lien avec les choix d’un organisme culturel montréalais, l’Orchestre I Musici.

En mars 2024, le groupe politique Québec solidaire a demandé aux députés québécois de se pencher sur la répartition des fonds publics dans le domaine de la culture. «Les artistes disent qu’il y a beau y avoir des nouveaux investissements en culture, l’argent ne se rend toujours pas jusqu’à eux. Il faut donc voir pourquoi et comment fonctionne le système et qui en profite.», dit au Devoir le député solidaire Sol Zanetti.2

Cette répartition de l’argent public en culture a eu des répercussions, entre autres, dans le domaine de la musique et en particulier sur les moyens et petits organismes dans le secteur de la musique orchestrale non symphonique. C’est le cas de l’Orchestre de chambre I Musici de Montréal qui existe depuis 40 ans et compte 15 musiciens cordistes.3 Suite à des coupures dans les subventions gouvernementales, cet organisme a dû s’adapter en réduisant le nombre de concerts. Dans un communiqué de presse en date du 4 septembre 2024, il est écrit : «Face à une réduction significative de l’une de ses subventions, l’Orchestre de chambre I Musici de Montréal est contraint d’annoncer des changements au sein de sa programmation 2024-2025. Cette nouvelle saison remaniée [est] composée de quatre concerts […].» Cependant, «ce remaniement de saison n’affectera en aucun cas les autres activités de l’orchestre, en particulier son important volet communautaire. Toutes les opérations de médiation culturelle de l’ensemble sont maintenues.»4 Nous apprendrons le 6 septembre 2024 dans un article du Devoir que «cette mesure radicale fait suite à une coupe majeure de la subvention du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ)» et a occasionné un «remaniement de [la] saison 2024-2025 [de l’Orchestre I Musici], désormais amputée de moitié.»5 Le directeur artistique et chef d’orchestre Jean-François Rivest, déclare dans le communiqué de presse de l’orchestre que «la situation actuelle [les] a poussés à repenser [leur] approche, mais [qu’ils voient] cela comme une opportunité de [se] renouveler et de continuer à inspirer [leur] public.»4

Nous sommes donc ici devant un exemple qui illustre l’obligation d’un organisme culturel québécois, plus précisément dans le secteur de la musique classique, à devoir s’adapter face à la réalité financière de son environnement politique sur lequel elle n’a pas de contrôle. L’environnement politique a alors une influence à la fois sur la vie de cet organisme mais aussi sur les consommateurs du marché : «Les mélomanes qui, sur la foi du programme publié au printemps, avaient déjà acheté des billets pour l’un des concerts annulés, notamment les deux concerts phares de Ryzanov et de Gluzman, sont, en schématisant un peu, priés de chanter Jingle Bells, d’aller voir Sarahmée, de se faire rembourser ou d’effectuer un don.», écrit Christophe Huss dans son article au Devoir. 5

L’Orchestre de chambre I Musici de Montréal a dû réajuster sa planification stratégique en réponse à cette variable macro-environnementale. Nous pouvons lire dans l’article du Devoir que c’est également le cas pour d’autres organismes similaires.5

L’organisme culturel fait partie intégrante d’un écosystème dans lequel il évolue. Lors d’une analyse en vue d’une planification marketing, il est important pour l’organisme d’«évaluer tous les éléments de son environnement afin d’atténuer les menaces et de saisir les occasions qui se présentent à [lui].» (F. Colbert et P. Ravanas)1 Nous parlons alors de variables; certaines sont “semi-contrôlables” (internes à l’organisme) et d’autres sont “incontrôlables” (externes à l’organisme). Dans ce macro-environnement, ces «variables incontrôlables exercent une influence constante à la fois sur le marché et sur la vie d’une organisation.»1 Les facteurs macro-environnementaux pouvant influencer un organisme sont d’ordre politiques, économiques, socioculturels, technologiques, environnementaux et légaux. Ces facteurs sont regroupés sous l’acronyme PESTEL et peuvent être analysés pour la planification stratégique de l’organisme.

Face à ces analyses, «les entreprises doivent parfois s’adapter à des changements radicaux sur lesquels elles n’ont aucun contrôle.»1 Illustrons ce concept de macro-environnement à travers l’environnement politique québécois de ces derniers mois en lien avec les choix d’un organisme culturel montréalais, l’Orchestre I Musici.

En mars 2024, le groupe politique Québec solidaire a demandé aux députés québécois de se pencher sur la répartition des fonds publics dans le domaine de la culture. «Les artistes disent qu’il y a beau y avoir des nouveaux investissements en culture, l’argent ne se rend toujours pas jusqu’à eux. Il faut donc voir pourquoi et comment fonctionne le système et qui en profite.», dit au Devoir le député solidaire Sol Zanetti.2

Cette répartition de l’argent public en culture a eu des répercussions, entre autres, dans le domaine de la musique et en particulier sur les moyens et petits organismes dans le secteur de la musique orchestrale non symphonique. C’est le cas de l’Orchestre de chambre I Musici de Montréal qui existe depuis 40 ans et compte 15 musiciens cordistes.3 Suite à des coupures dans les subventions gouvernementales, cet organisme a dû s’adapter en réduisant le nombre de concerts. Dans un communiqué de presse en date du 4 septembre 2024, il est écrit : «Face à une réduction significative de l’une de ses subventions, l’Orchestre de chambre I Musici de Montréal est contraint d’annoncer des changements au sein de sa programmation 2024-2025. Cette nouvelle saison remaniée [est] composée de quatre concerts […].» Cependant, «ce remaniement de saison n’affectera en aucun cas les autres activités de l’orchestre, en particulier son important volet communautaire. Toutes les opérations de médiation culturelle de l’ensemble sont maintenues.»4 Nous apprendrons le 6 septembre 2024 dans un article du Devoir que «cette mesure radicale fait suite à une coupe majeure de la subvention du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ)» et a occasionné un «remaniement de [la] saison 2024-2025 [de l’Orchestre I Musici], désormais amputée de moitié.»5 Le directeur artistique et chef d’orchestre Jean-François Rivest, déclare dans le communiqué de presse de l’orchestre que «la situation actuelle [les] a poussés à repenser [leur] approche, mais [qu’ils voient] cela comme une opportunité de [se] renouveler et de continuer à inspirer [leur] public.»4

Nous sommes donc ici devant un exemple qui illustre l’obligation d’un organisme culturel québécois, plus précisément dans le secteur de la musique classique, à devoir s’adapter face à la réalité financière de son environnement politique sur lequel elle n’a pas de contrôle. L’environnement politique a alors une influence à la fois sur la vie de cet organisme mais aussi sur les consommateurs du marché : «Les mélomanes qui, sur la foi du programme publié au printemps, avaient déjà acheté des billets pour l’un des concerts annulés, notamment les deux concerts phares de Ryzanov et de Gluzman, sont, en schématisant un peu, priés de chanter Jingle Bells, d’aller voir Sarahmée, de se faire rembourser ou d’effectuer un don.», écrit Christophe Huss dans son article au Devoir. 5

L’Orchestre de chambre I Musici de Montréal a dû réajuster sa planification stratégique en réponse à cette variable macro-environnementale. Nous pouvons lire dans l’article du Devoir que c’est également le cas pour d’autres organismes similaires.5

 

Références

1. F. Colbert et P. Ravanas (2021). Marketing des arts et de la culture, 5e édition, chapitre 4, pp 123-124.

2. Stéphane Baillargeon (1er mars 2024). À qui bénéficient les subventions culturelles? Article du Devoir. https://www.ledevoir.com/politique/quebec/808253/politique-quebecoise-beneficient-subventions-culturelles

3. Page d’accueil du site internet de l’Orchestre I Musici de Montréal : https://imusici.com/

4. Communiqué de presse de l’Orchestre I Musici de Montréal (4 septembre 2024), téléchargeable sur le site internet de l’orchestre : https://imusici.com/wp-content/uploads/2024/09/COMMUNIQUEg-Saison-remaniege-I-Musici-4-septembre-2024.pdf

5. Christophe Huss (6 septembre 2024). Orchestres de chambre en crise à Montréal. Article du Devoir. https://www.ledevoir.com/culture/musique/819337/orchestres-chambre-crise-montreal